The return of Pamela

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PHENOMENAL FASHION

The return of Pamela

Nous avons rencontré le symbole non-officiel de la Californie, l’inimitable Pamela Anderson. Lointaine est l’époque où elle courait sur la plage en maillot de bain vermillon: Pamela fait son grand retour dans le monde du cinéma, et le résultat est plutôt inattendu. On discute d’image, de réseaux sociaux et de sa dernière couverture de Playboy, autour d’une coupe de champagne et une salade de kale.

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« Je m’amuse le plus quand je me ressemble le moins. » Ces mots sortent de la bouche d’une bombe aux cheveux dorés, haute de 1m70, une icône internationale à la voix fluette perchée pieds nus sur une chaise, en train de manger une salade de kale. Autour d’elle, une équipe s’affaire à préparer le shooting mode dont elle sera la star, prenant la pose dans la somptueuse Goldstein Residence à Beverly Hills. Pamela Anderson, maquillée et prête à entrer sur le set, porte une perruque spectaculaire créée par le coiffeur Sami Knight. « Parfois, quand vous êtes connu, les gens pensent que vous montrez une différente partie de vous dans un film ou lors d’un shooting photo. Mais je leur explique toujours que non, que je joue un personnage, que ça n’a rien à voir avec qui je suis vraiment. C’est un écart total avec le réel – exactement comme ça ! », dit-elle en touchant sa perruque. « Je ne ressemble absolument pas à ça ! »

Pamela Denise Anderson, née au Canada, se fait immédiatement remarquer lorsqu’elle est choisie pour être l’un des maîtres nageurs de la série télé Alerte à Malibu, diffusant son image de sirène au décolleté plus vrai que nature à travers le monde et les générations. Vraie icône de la culture populaire américaine, elle a posé en couverture de plus de 15 numéros du magazine Playboy, et a fait des apparitions guest-star dans de nombreux films. En chair et en os, Pamela – Pammy pour les intimes – est chaleureuse, polie, et étonnamment loquace, délivrant un flux de parole quasi-ininterrompu de sa voix de petite fille à l’accent immanquablement Californien. En tant que Françaises, nous ne pouvions pas manquer de mentionner sa collaboration avec la créatrice d’accessoires Amélie Pichard, notre petite fierté nationale, qui a été lancée à Paris début 2016. Shootée par David LaChapelle, la campagne pour la collection de chaussures Amélie Pichard x Pamela Anderson – un mix réussi de modèles sexy avec un twist américain – met en scène l’actrice dans toute son hypersensualité, immortalisée sur des fonds hautement cinématographiques dans le style saturé typique de LaChapelle. « Amélie est si talentueuse ! », s’enthousiasme Pamela. « C’est une jeune artiste incroyable, et une business woman qui sait vraiment ce qu’elle fait. Je voulais investir dans son projet et voir où ça nous mènerait. »

La collection est faite avec des matières 100% vegan, un facteur particulièrement important pour Pamela. Activement engagée dans la défense des droits des animaux (comment oublier ses campagnes marquantes – et dénudées – pour PETA, « Je préfère encore être nue que porter de la fourrure »), elle a lancé sa première ligne de bottes UGG complètement vegan lorsqu’elle a appris, horrifiée, les méthodes de fabrication des bottes classiques. Elle ne comprend pas pourquoi le grand public rechigne à adopter le mode de vie vegan. « Peut-être que c’est en avance sur son temps, » soupire t-elle. « Les gens pensent que vegan et luxe ne vont pas ensemble, alors qu’en réalité les produits vegan sont particulièrement luxueux car plus difficiles à créer. Mais c’est vrai qu’il n’y a pas vraiment de chaussures vegan glamour sur le marché, à part celles de Stella McCartney. Et maintenant celles d’Amélie ! »

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« On cherche tous à trouver du sens à nos vies. »
La mode n’est pas le seul secteur que Pamela cherche à explorer. En mai dernier, elle a refait apparition sur nos écrans dans un court-métrage signé Luke Gilford, jeune réalisateur dans le vent, dans un rôle radicalement différent de ceux qu’elle campe habituellement. « Je me suis rendue compte que j’aime bien jouer des personnages autres que moi-même, » raconte Pamela. « Je reçois toujours plein d’offres pour faire des apparitions dans des films, c’était toujours simple à faire et pratique parce que mes enfants étaient jeunes et je ne voulais pas être loin de la maison trop longtemps, mais ça ne me satisfaisait pas vraiment. Je ne m’étais jamais vraiment investie à 100% dans un projet artistique auparavant, parce que j’étais trop occupée à courir sur la plage en maillot de bain, puis à élever mes enfants, et un jour je me suis dit, c’est le bon moment. Allons-y, faisons quelque chose de vraiment intense et voyons où ça nous mène. Luke a vraiment dû se battre pour moi, parce que personne ne pensait que j’étais capable de le faire. »

Dans Connected, le court-métrage de 10 minutes de Luke Gilford, Pamela incarne Jackie, une prof de spin et adepte de la « green way of life » (à comprendre : jus verts, yoga, suppléments et méditation à foison), qui cherche à donner un sens à sa vie. Elle rejoint un groupe étrange aux allures de secte dans le but de se connecter au reste du monde. Au-delà de l’intrigue, l’élément le plus frappant du court-métrage est Pamela elle-même : son personnage est mis en scène dans toute sa vulnérabilité, filmé de façon quasi-clinique. Dans une scène particulièrement marquante, Jackie étudie son corps dans le miroir, scrutant chaque parcelle de peau, chassant les rides ou tout autre signe d’âge. « Le film est une métaphore de la façon dont les femmes sont traitées après un certain âge, » explique Luke Gilford au magazine W après le lancement de son film. « Bien sûr, plus largement et plus universellement, cela ne concerne pas seulement les femmes, mais le film adresse spécialement le thème des femmes et de la beauté – et comment, après un certain âge, elles sont presque mises de côté. »

Un thème difficile à aborder, et une démarche courageuse de la part de Pamela. Elle se souvient avoir aperçu une de ses scènes sur l’écran du caméraman, au cours de laquelle son personnage s’observe semi-nue dans un miroir, éclairée à la lumière UV. « J’ai juste vu un petit flash de la scène qui s’était figé sur l’écran, et j’étais presque choquée, » raconte Pamela en riant. « C’était un peu bizarre, un peu cool, si vous pouvez vous détacher du fait que c’est vous sur l’image. C’est une impression vraiment étrange, mais c’était une bonne chose de le faire. » Elle balaye d’un geste le sujet de l’âge, insistant que le vrai cœur du film est l’évolution de la vie d’une femme. « On arrive à un certain moment dans nos vies où nos enfants ont grandi, notre mariage s’est peut-être terminé et on essaie de trouver un sens à notre vie. Alors on veut être connectés aux gens autour de nous, mais aussi rencontrer quelqu’un, avoir une relation, parce que vous regardez vos enfants grandir et vous vous sentez très seul dans un monde où les réseaux sociaux font que vous n’avez plus vraiment de raison d’être seul. Je crois qu’on a tous un peu du mal avec ça. »

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La dernière Playgirl

La question des réseaux sociaux revient plusieurs fois durant notre entretien. Pamela avoue souvent se plier à des « digital detox », délaissant son ordinateur et son téléphone durant plusieurs mois afin de se « reconnecter ». Elle possède son propre compte Instagram, mais ne suit que ses fils. En tant que mère de deux « millenials », Brandon (20 ans) et Dylan (18 ans), l’importance croissante de l’image est quelque chose qui préoccupe beaucoup l’actrice. « C’est une époque très bizarre. Parfois des filles viennent chez nous, et mes fils me disent, Elles ne ressemblent pas du tout à leurs photos ! Et je leur réponds, Bien sûr que non ! Ces ados de 17 ou 18 ans sont en train de manipuler leur propre image, diffusant ce qu’elles veulent que les gens voient d’elles. Comment ça se passe par la suite ? Comment seront-elles à notre âge ? » On aborde le sujet de Playboy, et le choix du magazine de ne plus utiliser de photos de nus, en réponse à leur présence massive et facile sur Internet. « Les gens deviennent complètement désensibilisés, » se désespère Pamela. « Tout le monde se prend en photo, les retouche et les publie sur Internet, et personne ne sait ce que vous voyez vraiment. Comment les gens savent-ils encore faire l’amour ? C’est de plus en plus difficile de faire naître le désir, on dirait presque que tout ça est en train de disparaître, et ça me fait vraiment peur. Tout est tellement visuel de nos jours, tout tourne autour d’Internet. » Elle demeure attachée aux idéaux du magazine : « Playboy n’était pas glauque. C’était fun, sexy, mais aussi assez innocent. Je me rends tout juste compte que cette époque est probablement révolue. C’est vraiment triste. » Pamela, une habituée du manoir Playboy, a été choisie pour faire la couverture du dernier numéro « traditionnel » de Playboy, paru en janvier 2016. Elle comptait déjà 15 couvertures Playboy à son actif – plus que quiconque dans l’histoire du magazine – et ne pensait vraiment pas qu’elle se remettrait ça. Jusqu’au jour où elle reçoit un appel de « Hef », qui reste un ami proche. « J’étais à côté de mon fils Brandon, et il me dit, Tu dois le faire ! De toutes les choses qu’on te propose, Maman, celle-ci tu DOIS la faire ! Alors je réponds, Ok, Hef, mon fils me dit que je peux le faire. » Et juste comme ça, une page de l’histoire est écrite.

Connected sera transformé en long-métrage fin 2016. En attendant, regardez la version courte ici.